De Todos Los Santos à Chancol

Le coq sonne l’heure une première fois à 5h30, je lève le rideau il fait noir. Retour sous la couette puis il exécute un premier rappel à 6h30. Je lève le rideau, la brume ensevelit tout l’hypothétique paysage. Retour sous la couette et au troisième rappel à 7h30 froid et brume sont toujours là mais cela sent le petit déjeuner. Nous traînons à table, seules clientes de l’hôtel, la famille nous tourne autour, la grand-mère en tenue traditionnelle me tire la joue avec un grand sourire en me disant ça y est, elles sont levées. C’est sûr tout le village est déjà dans l’église. Un petit tour sur la terrasse de l’hôtel où nous rencontrons notre réveil matin attaché à une ficelle. Les montagnes commencent à apparaître, nous prenons la direction du buseta, le nom du collectivo ici. Nous voilà assises à bavarder avec les autres futurs passagers. Certaines familles désormais sorties de la messe viennent nous saluer. Le temps s’écoule doucement mais les nuages restent comme nous plantés sur place. Enfin, un buseta fait son apparition. Assises sur nos sacs, nous traversons des vallées toutes différentes dont les couleurs éclatent à mesure que les nuages eux aussi en marche disparaissent. Première escale à los Tres Caminos, c’est facile de trouver les noms des arrêts ici, vous comptez le nombre de routes au carrefour et c’est gagné. Hop ! on regrimpe mais pour juste une dizaine de minutes. Lorsque la route est revêtue, cela change la donne. Évidement le chauffeur n’a pas de mal à nous prendre pour des touristes et nous dépose sur le chemin qui mène au mirador. Valise à la main, je demande à la première maison venue s’ils acceptent de nous les garder et évidemment c’est un oui souriant qui nous est accordé. Une petite balade, le mot randonnée serait trop fort, même si déjà ça grimpe dur, et retour au point zéro où nous attendons un taxi en compagnie de dindons pour rallier notre hébergement ranch. Loin de l’idée que je m’en faisais, nous voilà logées dans une maison pleine de charme à la décoration raffinée. Évidemment l’épouse du propriétaire est française. Les écuries de luxe, elles aussi, hébergent une quinzaine de chevaux. Trop tard pour une randonnée ce sera donc une nouvelle grimpette face aux volcans toujours un peu dans la brume. Ce soir c’est une soirée française qui nous attend puisque les autres convives sont également français. Avant le dîner une petite partie de scrabble et apéro bien-sûr !
Bonne journée à tous