La grande muraille Mutianyu

Spread the love

Je finis de poster les photos quand mon rideau bouge et apparaît la tête de Martine « C’est l’heure! » Impasse sur la douche, je saute dans le caleçon Damart, le jean et le reste et brosse à dents en bouche, je file aux sanitaires. En avant pour le métro et la recherche de bus pour Mutianyu, partie rénovée de la grande muraille. « Celui qui n’a pas gravi la grande muraille n’est pas un brave” selon un adage célèbre. Et bien nous ne ferons pas partie de ces braves là car nous avons pris l’option de la muraille desservie par un télésiège ! La bravoure du jour consiste à s’y rendre par les deux bus locaux, le premier s’avère facile à repérer puisqu’il part de la gare de Dongzhimen. Le sport c’est de ne pas louper l’arrêt 1h10 plus tard à Huarou Beidajie. Mais à présent que mon traducteur est installé, cela devient un jeu d’enfant de montrer en chinois notre destination. Ensuite même opération avec les chinois de la rue pour repérer le bus H23. Et voilà nous y sommes. La muraille ondule à perte de vue sur des milliers de kilomètres d’est en ouest, de la frontière nord-coréenne au désert de Gobi. Nous, nous sommes au niveau de la Mongolie intérieure. Ticket en poche, nous prenons la direction de la tour de coin Dajiaolou. Perchées à plus de 7 mètres, nous commençons à avaler les marches avec des séries de montions et descendions sur la crête large de 4 à 5 mètres. Ça penche et j’ai du mal à évoluer au milieu sans me retrouver contre le parapet crénelé intérieur. Équipée de deux parapets, cette caractéristique très rare sur la grande muraille permettait de tirer sur les ennemis des deux côtés. On enchaîne les miradors qui sont reliés par l’intérieur à l’aide d’échelles ou d’escaliers dérobés. C’est super, d’autant que nous sommes presque seules et qu’un super 6 degrés nous donne un ressenti d’été.
Nous atteignons la tour Dajiaolou, et là, la porte de sortie est murée, fin de la partie touristique zut ! Je regarde par les deux fenêtres, il semble bien que cela soit possible de passer pour récupérer la partie de muraille non rénovée. Allez Martine on ne va pas s’arrêter là ! Elle regarde et admet que l’escalade de sortie est possible mais comment repasser pour revenir. Je constate qu’en effet cela ne semble pas évident. Mais en observant mieux je distingue clairement un chemin et je me rappelle que plus bas j’ai aperçu une passe de sortie. Alors on dévale les escaliers enfin c’est une expression comme aucune marche n’a la même hauteur c’est plutôt une évolution mode escargot. Et voilà la passe avec une pancarte d’interdiction qu’on décide d’ignorer et c’est reparti pour grimper en mode brave cette fois jusqu’à une partie éboulée de la muraille. Super, commence alors une petite randonnée sur les vestiges du passé grignotés par la végétation avec une vue imprenable sur un bout de cette immensité qui a mobilisé près de 3 millions d’ouvriers sur deux siècles. Puisque commencée en 221 av. JC elle va prendre forme sous la dynastie Jin pour connaître son allure finale sous celle des Ming en 1644.
La progression devenant plus critique en l’absence des pavés du sol pillés par les paysans pour construire leurs maisons, on amorce le retour. A présent, le soleil qui rase les montagnes, sublime l’endroit. Avec tout ça mon lumbago semble totalement disparu c’est génial ! Et voilà nous foulons à nouveau les pavés de ce tronçon restauré. Direction le télésiège pour Martine qui s’est vue refuser la descente en luge façon bobsleigh. C’est la vie, hier et avant-hier, elle a bénéficié d’une réduction sur les entrées en tant que senior et aujourd’hui la petite chinoise de la billetterie avec son anglais approximatif cherchait ses mots pour finir par lâcher que la luge ce n’était pas pour les vieux ! Je me marre ! En attendant, moi je me suis bien amusée. Allez direction la navette qui nous reconduit à la sortie du site. Là nous rencontrons deux françaises et une espagnole en transit qui plumées par les taxis cherchent à rejoindre Pékin en mode économique. Et bien, suivez nous, on va vous y conduire. Deux heures plus tard, nous partagerons un excellent canard laqué dans notre quartier dans un restaurant où personne ne parle anglais. Et nous aurons le droit à des grattons de canard après une blague du traducteur de la serveuse qui nous demande « sel poivre et soupe?» «Ok » et là arrivent les grattons ! Ça promet des rigolades ce traducteur ! Nos compagnes de table prennent à présent la route de l’aéroport et nous celle de notre dortoir. Un au revoir à notre petite voisine française qui part au petit matin, un peu de blabla avec notre colombien du lit d’à côté, une douche et au lit. À demain les amis, excellente journée

Une réflexion sur « La grande muraille Mutianyu »

  1. Vous n’êtes pas possible les filles… vous savez que c’est interdit et vous y allez tout de même ! Pas possible vous deux ! Et Isa fait de l”escalade malgré le lumbago… !!! Bon tu fais de magnifiques photos et vidéos ! Oh ! mais j’ai ri que Martine ne puisse pas faire de luge ! Un air trop sérieux Martine…
    Je file là, gros bisous et pas de bêtises…vous n’êtes plus à Cambrai ! 🙂

Les commentaires sont fermés.