Tous les articles par Isabelle Le Masson

Dernière journée à Puerto Morelos

Réveil avec les courbatures du choc d’hier, un œil sur Air Canada, tout va bien. Nous découvrons notre petit hôtel sur la plage avec une piscine où deux chaises longues nous attendent. Nous commençons à intégrer l’idée du confinement avec, au programme du jour, une alternance de transats entre piscine et mer. Une exception pour une sortie coiffeur pour rentrer présentables même si nous ne verrons personne au retour. Voilà une dernière journée tranquille sans bus et sans voiture. Merci à tous ceux qui nous ont suivies pendant ces deux merveilleux mois et demi. Ce post marque la fin d’un superbe voyage qui nous a offert de rencontrer des personnes formidables et de bénéficier d’un accueil chaleureux de la part des guatémaltèques, des béliziens et des mexicains. J’espère que demain je pourrais quitter le Mexique sans difficulté pour pouvoir continuer de penser que nous avons vraiment de la chance.
Bon courage à tous les amis du monde entier pour le confinement
Portez vous bien et à l’année prochaine j’espère pour de nouvelles aventures.

Il y a des jours …

La journée commence avec une inscription sur le site Ariane au cas où notre vol en partance le 18 soit annulé par Air Canada suite à l’imminente fermeture des frontières canadiennes. Un peu tardivement nous prenons la route pour voir à ̀quoi ressemble Playa Carmen. Un stop au mirador de Tulum vraiment impressionnant cette ascension à 35 mètres du sol. Mais tout de même un peu déçus que la position du soleil ne permette pas de profiter du bleu si magique de l’endroit. Hop nous poursuivons et je m’étonne de toujours voir le signe d’essence clignoter depuis avant-hier que nous avons pris la voiture de location. Cela ne doit pas fonctionner puisque la location s’effectue avec le plein. Hé non 10 km plus loin c’est la panne sèche sur l’autoroute. Bon il n’y a plus qu’à le traverser, faire du stop et revenir avec une grande bouteille d’essence. Je laisse Martine en garde et effectue les 20km aller-retour assez rapidement finalement. On repart avec une escale au cénote des dos ojos. Ce sont deux cénotes qui sont relier entre eux par une grotte souterraine. C’est splendide. Nous décidons de rallier directement playa Carmen pour déjeuner tardivement et profiter sur place du coucher du soleil. Destination atteinte la nuée de parasol nous fait fuir illico. Nous avons à bord mes petits biscuits préférés cela fera l’affaire en attendant le dîner. D’autant que le petit déjeuner était copieux et tardif. Nous ne sommes plus qu’à une vingtaine de minutes de Puerto Morelos, notre destination finale avant l’aéroport qui se trouve à une demi-heure de notre hébergement pour les deux dernières nuits. Je pense m’être trompé de route et j’entreprends de serrer sur la voie de droite et là dans mon rétroviseur j’aperçois un bus sorti de nulle part qui arrive à vive allure. Vite je tente de corriger le tir mais trop tard une voiture arrive sur la gauche. Je reste entre les deux voies et PAM percutées ! Des fois on se demande pourquoi le cerveau nous laisse faire n’importe quoi ! Résultat Martine se retrouve prisonnière sous les débris de pare-brise, nous sommes au milieu d’une circulation dense et tout va bien. La police met moins de cinq minutes à être surplace. Martine se fait évacuer par mon côté, j’appelle directement le numéro d’assistance de la location qui nous dépêche une personne. L’ambulance arrive, les secours vérifient le bras de Martine et acceptent que l’on ne se rendent pas à l’hôpital. Cela se complique, le bus que l’on pensait vide avait à son bord une passagère et elle est gravement touchée à l’épaule. Là notre policier référant change de ton, je suis en tort avec mon changement de ligne et la législation prévoit qu’en cas d’hospitalisation suite à l’accident cela devient un délit ce qui signifie départ pour la prison pour moi. Je lui dis là comme ça en maillot de bain ? Il n’a pas vraiment rit et la réponse a été si vous avez de la famille prévenait la maintenant tout de suite. Là, je commence à stresser sec d’où mon message rapide d’appel au secours sur Facebook car à ce moment-là je ne sais pas si j’aurai encore accès à quoi que ce soit dans les minutes qui suivent. La décision d’envoyer la femme blessée à l’hôpital n’est pas encore prise, je pars discuter avec elle, je lui présente des excuses mais visiblement ce n’est pas ma copine. En même temps elle déguste, l’infirmière dit qu’il faut la conduire à l’hôpital et l’ambulancier que je dois payer. A présent la voiture est sur une dépanneuse qui me demande aussi de l’argent. Puis le policier en chef vient me voir pour me dire qu’il y a un moyen d’éviter la prison, il parle de 20000 euros. Puffff… Tout cela me semble irréel et pendant toutes ces parlementassions la pauvre fille est toujours dans l’ambulance. L’ambulancier s’impatiente avec son lecteur de carte bancaire portatif appuyé par le regard pressant du policier sur moi. Ok mais ma carte est dans la voiture perchée. Je m’apprête à grimper sur la dépanneuse lorsque le chauffeur du bus se propose de nous décharger nos affaires. Je pose mon téléphone sur la dépanneuse pour attraper les sacs, les palmes enfin tout le bazar que l’on se permet de laisser en vrac quand on a sa voiture. Une fois le déchargement effectué je sors ma carte et pense à récupérer mon téléphone. Plus là ce n’est pas possible, je retourne toutes mes affaires et ne vois qu’une possibilité le chauffeur du bus me l’a piqué. Mes créanciers s’impatientent mais j’accuse le chauffeur du bus qui dément évidemment. Le policier dit de faire sonner le téléphone, Martine n’a plus de crédit donc il s’en charge et évidemment le téléphone sonne dans le bus. Un truc de dingue. Du coup j’annonce que moi aussi je vais porter plainte et là on me dit pourquoi vous l’avez en main alors il n’y a pas de vol. Une chance le gars de l’assurance réapparaît et je lui demande pourquoi il ne prend pas en charge l’ambulance et le remorquage. Mais si je paye ça me dit-il. Du coup l’ambulancier se met en colère dit que je dois payer sinon il ne part pas. Pas de problème rétorque l’assureur j’en appelle une autre. Et finalement l’ambulance se décide à accompagner la blessée. Je ne paye pas non plus le remorquage. Nous voilà à présent avec les valises au poste de police. Le policier me prend en aparté pour me demander combien je peux donner. Je lui dis que je n’ai pas beaucoup d’argent sur mon compte et que je n’ai qu’une carte de débit et du coup je ne peux pas retirer grand-chose. Il me dit on peut s’arranger mais tu n’auras pas de reçu va au distributeur et prend ce que tu peux. De toute façon ici argent ou pas en une fois on ne peut pas retirer plus de 9000 pesos. Je prends 6000 et reviens en disant que je n’es pu retirer que 5000 mais s’il vous plaît monsieur laissait moi 1000 pour pouvoir payer l’hôtel ce soir et demain. Et voilà il accepte les 4000 soit un peu plus de 150 euros et nous laisse partir. Le problème à présent c’est que je ne dispose pas non plus de copie du constat pour faire appel à mon assurance visa. Que je n’ai toujours pas eu le loueur de voiture et que je ne sais pas ce que couvre l’assurance que j’ai contracté. Une chose est certaine c’est que la caution ne me sera pas rendue. Mais les mexicains à qui j’ai expliqué la situation m’ont tous conseillés de quitter le pays au plus vite car si la victime porte plainte ? Et comme toutes les frontières des pays avec le Mexique sont fermées je n’ai plus qu’à espérer que mon passeport ne sera pas saisi le 18 quand on va se présenter à l’aéroport. Notre vol sur Air Canada reste confirmé mais franchement la situation n’est pas confortable. Demain j’appelle l’ambassade pour en savoir plus. Et pour finir cette journée particulière le taxi a tourné 20 minutes pour trouver l’hôtel. Pas de goût à vous le présenter ce soir mais notre dernier hébergement n’est pas mal du tout et les 1000 pesos n’ont servi qu’à payer le taxi. Demain programme administratif et plage, on ne bougent plus.
Excellente journée à tous et je rêve de confiner avec vous.

COBA

Le programme d’aujourd’hui est bref mais dure quatre heures de marche dont deux avec un guide dans les magnifiques ruines de Coba. Coba signifierait en Maya, « eaux vives » et c’est aux cinq cénotes qui baignent la région que la cité doit son nom. Coba, dont l’ensemble s’étire sur presque 70 km2, peut donc être classée parmi les plus grandes villes mayas de la période classique. De nombreux sacbes, chemins blancs en Maya, reliaient les différents sites entre eux. Les traces sur 100km de celui qui conduit à Chiken Itza sont toujours bien visibles. Nous avons révisé le système de calcul en base 20 maya et reçu des informations complémentaires qui parfois sèment le trouble avec ce que nous connaissions déjà. Pas très au point les guides ! ils doivent arranger à leur sauce les informations dont ils disposent. La pyramide Nohoch mul de 42 mètres qui tient sa place de deuxième plus haute du Yucatan n’est pas si difficile à gravir mais sous un soleil de plomb cela devient vite une belle épreuve sportive. A son sommet les trucs colorés qui ressemblent à des pieds au plafond représentent deux Dieux plongeants. Où ? Je ne sais pas. Le site contient deux magnifiques jeux de balles, les plans sont inclinés et pour atteindre les anneaux les joueurs grimpaient au mur. Pour mémoire, car nous en avons parlé il y a deux mois déjà, les vainqueurs étaient décapités. L’honneur de mourir pour être réincarné leur revenait. Nous sommes un peu décalées, il est près de 17h quand nous envisageons une escale bouiboui pour déjeuner et boire une corona. Mais à Coba nous avions commencé la cure antivirus avec le redbull maya. Il s’agit d’un jus de fruits frais de mangue, orange et ananas auquel du miel et de la propolis sont ajoutés. Pour le moment le Mexique reste un des seuls pays latino à occulter le coronavirus. Cela nous arrange car en Argentine les gringos, c’est nous, n’ont plus le droit de monter dans les bus collectifs et sont regardés comme des pestiférés. Enfin les choses devraient évoluer car le guide nous a dit que tous les sites archéologiques allaient être fermés à partir du 21 mars. Pour le moment nous décollons toujours de Cancun via Montréal mercredi. J’ai remplacé l’aspirine par du doliprane et visiblement ce soir cela va mieux que ce matin. Ou bien ce sont les antibiotiques qui commencent à agir. Je me dis que j’ai dû choper la dengue dont les moustiques étaient porteurs au Belize, Martine dit non parce que je mange trop. Enfin, l’important c’est d’être à 37° dans trois jours, pour le moment ce n’est pas gagné je suis en pleine forme quand je stagne à 38.
Excellente journée à tous et ne vous jetez pas sur les rouleaux de papier toilette ! Vu d’ici c’est drôle et pathétique le comportement des gens.
A bientôt pour la course au PQ. LOL