De Cayenne à Apatou

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Ah, le chant du coq qui vous arrache de vos rêves prématurément ! Pour moi point de rogne contre Miloud, le coq de Sébastien, car cela signifie que nous avons atteint notre destination. Parties de Paris avant-hier matin ce début de voyage ne fut, à travers le champagne de l’avion jusqu’au planteur d’hier soir, qu’une succession de boissons et de plats. Autour de ces mets délicieux, de nouvelles rencontres et de franche partie de rigolade nous ont glissées progressivement de notre culture métropolitaine à celle des businenge (ce sont les noirs marons qui vivent le long du fleuve Maroni, le terme maron vient du verbe maronner qui signifie s’échapper de sa plantation pour un esclave) en passant par la créole. Sébastien, dit Séba, le fils de Dominique, notre compagne de séjour guyanais, nous a cueillies à notre sortie de l’aéroport pour nous conduire directement chez Magali et Pierrot. Très rapidement le sens de l’accueil de nos hôtes et leur bienveillance nous a fait l’effet d’une soirée entre vieux potes. Pas sans effet secondaire, cette rencontre qui a décalé quelque peu notre départ vers Apatou. Une visite furtive de Cayenne où les maisons créoles côtoient les vielles bâtisses coloniales le long d’un littoral jonché de pierres plates. La végétation luxuriante et les gens assis sur une vieille chaise plastique sur leur pas de porte contribuent à rendre l’atmosphère paisible et donne l’envie de se poser plus longtemps afin de se fondre dans le paysage. Pas de temps pour ça et du coup pas de photos en douce mais juste des bonjours largement rendus. La route qui nous conduit jusqu’à Sinnamary, lieu conservé en mémoire par Dominique pour son restaurant (j’ai enfin une copine de casse croûte) n’est bordé que de végétation très dense d’où s’échappent de-ci delà des entrées de kampu, hameau constitué de maisons familiales. La Covid est passée par là et les restaurants ouverts sur Cayenne ne sont pas représentatifs de la réalité guyanaise. Bon on range notre faim le temps d’atteindre Iracoubo, village avec un check point d’identité pour pénétrer l’ouest du pays. Ce sera notre première bière locale, la Barbo bière de riz du Suriname, accompagnée d’un sandwich et de loempia, espèce de nems de légumes excellents. Direction Saint Laurent du Maroni, visite éclair de l’extérieur du bagne dont les bâtiments sont fermés, achat de nos hamacs brésiliens, des légumes pour le dîner et direction la maison de Séba à 60 kilomètres de là. L’ambiance ici change, la peau des habitants se noircit et la langue n’est plus le créole mais le takitaki, un créole anglais sur une syntaxe africaine que Séba parle couramment. Nous y voilà, la voiture n’a toujours pas le moteur coupé que ses quatre enfants apparaissent heureux de revoir leur grand-mère et ravis d’accueillir les taties. Hé oui nous avons, Martine et moi, pris du grade. Ils sont extras et nous passons tous les 7 une soirée formidable tout en dégustant l’excellent dîner préparé par Sébastien. En bref nous voilà totalement prises en charge à tel point que nous avons omis d’acheter une carte sim surinamaise pour tenter de capter un peu d’internet d’où le silence sur le blog. Aujourd’hui jeudi, la journée est consacrée à l’organisation matérielle de notre départ en pirogue pour 6 jours. Pour le moment elle démarre plutôt sereinement pour moi bien installée dans mon hamac le long du fleuve pour vous rédiger ce premier post. Le passage régulier des pirogues militaires ou marchandes me met déjà dans l’ambiance.
Je vais profiter du voyage pour rendre la voiture de location à Saint Laurent pour trouver un point internet ensuite je pense que vous aurez des nouvelles lors de notre retour du périple au Suriname.


Point covid : on pensait être sereines dans ce trou perdu mais non c’est l’inverse, les fêtes de fin d’année quoique interdites ont permis à des centaines de jeunes de danser sans masques le zouc en collé serré et le taux de cas explose. Alors pas de visite de marché pour nous, dommage.


Point météo : la pluie diluvienne qui s’abat depuis une dizaine de jours ici semble disparaître depuis notre arrivée pourvu que cela dure ! Sinon c’est un petit 29 degrés qui nous accompagne, un peu de brise alors pas chaud, pas froid nous ne sommes pas mal.


Point Dominique : à cet instant pas de boulettes aucun incident à déplorer juste de la vigilance pour ne pas l’égarer en ville…

4 réflexions sur « De Cayenne à Apatou »

  1. Question enfants :
    zayana est la fille aux tresses ? Le garçon ziko ?
    La dernière fois que je les ai vu, ils étaient des bébés !

  2. Ah ! super ! Vous voilà bien arrivées chez Sébastien (que je salue 🙂 ) J’attendais avec impatience les 1ères nouvelles !
    Par contre Isa je n’arrive pas à ouvrir les photos pour les voir en grand ! Je vois qu’il y a de l’ambiance en tous cas 🙂 Je suppose que sur le fleuve vous n’aurez pas trop de rencontres avec la Covid…
    Je vous embrasse et vous souhaite bonne continuation en Guyane avec Sébastien et ses “petits” et Dominique <3 <3 <3

Les commentaires sont fermés.