Qashqâ’is de la province de Fars

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Départ pour la montagne, où exactement ? nous en serons plus ce soir avec la carte. Avec nous pour une partie de la journée nous avons Margarita et Martino. Ils vont se faire un trip vélo. J’ai pédalé 15 minutes  avec qu’eux. Dès la montée, je pensais gagner ma récompense en descendant ensuite mais pas du tout, une autre grimpette se cachait derrière le sommet alors mon temps sportif s’est arrêté là.

Retour dans le 4×4 en position assise. Nous arrivons à destination pour notre pause déjeuner dans une famille Qashqâ’is (grande tribu iranienne,  chiites vivant principalement dans les provinces de Fârs). En fait, les clans Qashqâ’is sont dispersés dans presque toutes les régions de l’Iran. Ils sont originaires d’Asie centrale et font partie des peuples turcs qui s’installèrent en Iran aux XIe et XIIe siècles. Certains de ces groupes se donnèrent le nom de Qashqâ’i au XVIIIe siècle. Leur migration en Iran prit de l’ampleur aux époques seldjoukide, ilkhânide, timouride et safavide. Le mot « qashqâ’i » est composé de qash et qâ’i. Qash était autrefois le nom d’une ville du Turkestan (l’actuel Ouzbékistan) qui s’appelle aujourd’hui « Shahreh Sabz », tandis que Qâ’i est le nom d’une des vingt-quatre tribus des Turcs Oghouz. La tribu Qâ’i, après avoir migré vers Quebtchâq (Turkestan) et le Caucase et s’y être longtemps attardée, se dirigea vers la Turquie et participa plus tard à la formation de l’Empire ottoman. A cette époque, certains clans de cette tribu s’installèrent dans la région de Fârs, au pied du Zâgros et y fondèrent la branche iranienne des Qashqâ’i.

 Ils s’apprêtent à prendre la route du nord d’ici un mois. Toutes les familles vont alors se réunir et la migration  peut durer de 6 à 7 heures de camion ou plus de 40 jours si le déplacement s’effectue à pied. Cela dépend de la qualité des herbages pour les moutons et les chèvres. Du coup nous avons l’honneur d’assister à la mort de boucs.  D’ici leur départ la moitié du troupeau va être abattu.  Nous bénéficions d’un accueil chaleureux, la famille entière est présente au déjeuner et pour la séance abattoir des voisins viennent en appui. Visiblement il n’est pas évident de dépecer une chèvre.  ici le mime est le bienvenu car même nos quatre mots de persan sont inutiles puisqu’ils parlent le turque azéri.

 Un bon poulet pour le déjeuner et Yaghob, notre guide enfourche son vélo et part avec nos deux italiens. La pluie recommence à tomber et nous faisons le choix de nous mettre à l’abri et d’observer la grand-mère qui file la laine. Pour l’hiver,  les nomades s’installent dans un campement mixé de maisons de pierres et de tentes. En revanche l’été seules les toiles sont montées. Pendant que j’écris un des enfants de la famille reste scotché à côté de moi.  Il s’amuse à compter mes lignes d’écriture. Puis, je lui installe le seul jeu que j’ai de disponible hors connexion. Des trombes se déversent à présent.  La porte s’ouvre et nos cyclistes dégoulinants font leur apparition. Abandon obligatoire vue les conditions climatiques. Yaghob sort son jumbee et les enfants se mettent à danser. Une petite heure de partage s’effectue entre rires et claquement de mains. Nous prenons congé et partons en direction du village où vivent les parents de Yaghob, sa fille de 4 ans, les deux jeunes enfants de son frère également divorcé et sa sœur Zarha qui aide les grands parents en s’occupant de ses neveux.

Nous passons une belle soirée avec Zarha, Yaghob et les enfants. Nos matelas ultra light sont installés dans le salon. Nous bénéficions donc de la plus grande pièce de la maison. Demain nous poursuivons notre visite des montagnes du Zagros avec Yaghob et une nouvelle compagne de voyage de 4 ans. Hé  oui, le voyage en mode économique peut créer des surprises !
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